RÉUNION COLLÉGIALE

RÉUNION COLLÉGIALE 

Les médecins, chirurgiens et psychologues qui ont participé à l’évaluation se réunissent régulièrement. Fonctionnant comme « une commission », sans en avoir le statut officiel, cette réunion pluridisciplinaire est une instance décisionnelle. A chaque séance sont présentés, plusieurs cas qui ont fait l’objet de deux années d’évaluation et de suivi psychiatrique (y compris psychométrique) et ont bénéficié d’un bilan endocrinien et chirurgical diagnostique. A la lumière de toutes les informations recueillies, la « commission » choisit la démarche thérapeutique la plus adaptée : soit les critères diagnostiques d’un syndrome transsexuel primaire ne sont pas réunis ou ses conséquences psychosociales sont modérées et la THC demandée n’est pas acceptée ; soit le diagnostic est porté, le trouble a des conséquences majeures, il n’y a pas de contre-indication d’ordre psychiatrique, endocrinologique ou chirurgicale, et l’indication thérapeutique d’une THC est retenue. Cette décision doit être prise à l’unanimité. Quelle que soit cette décision, la poursuite du suivi psychiatrique et/ou psychothérapique est, dans la plupart des cas, justifiée. Elle peut être assurée par les médecins psychiatres membres de la commission ou d’autres praticiens selon le souhait des patients.  Si la THC a été décidée, un certificat médical attestant le diagnostic et l’indication thérapeutique, co-signé par le psychiatre, l’endocrinologue et le(s) chirurgien(s) concernés, est adressé au Médecin Conseil National de la Sécurité Sociale en vue d’obtenir une entente préalable pour la prise en charge de l’intervention chirurgicale. Le même certificat, mentionnant seulement les initiales du patient, est adressé, pour information, au Conseil National de l’Ordre des Médecins.

 Dès que la décision de THC a été prise, le traitement hormonal peut être initié. Il comporte deux phases : la première prévoit un traitement anti-hormonal, anti-androgénique chez l’homme et progestatif puissant bloquant la stimulation ovarienne chez la femme. Les effets de ces deux traitements sont réversibles. La deuxième phase comporte une œstrogénothérapie chez l’homme et la prescription de testostérone chez la femme. Ces prescriptions ont des effets irréversibles ou partiellement réversibles. La décision de les prescrire doit être considérée comme aussi grave que celle d’opérer. Elle doit reposer sur des critères diagnostiques tout aussi rigoureux et répondre à une véritable indication thérapeutique afin d’éviter les dérives trop souvent observées.

 Quant aux interventions chirurgicales, chez l’homme, il s’agit d’une castration bilatérale (ablation des testicules, des corps caverneux et spongieux) suivie de la création d’un néo-vagin tapissé par la peau pénienne retournée en doigt de gant et de grandes lèvres à partir du scrotum. Il est réalisé un néo-clitoris grâce à un lambeau en îlot neurovasculaire taillé au niveau du gland et une urétrostomie périnéale.

Chez la femme, il s’agit d’une mammectomie et d’une hystéro-ovariectomie non conservatrice. Elle est éventuellement complétée par une phalloplastie. Quelle que soit la méthode de cette dernière, les résultats sont plus satisfaisants sur le plan morphologique que sur le plan fonctionnel ; il est à noter qu’elle n'est pas exigée pour obtenir le changement d’état civil.

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