Maman de Stella

*** Mon témoignage pour toi Armand ***

***
Comme promis Armand, je viens apporter mon témoignage quant à mon propre vécu avec mon fils, face à la transexualité, plutôt au trans-genre... La transexualité ayant une connotation sexuelle, je suis comme toi, je déteste ce mot.


J'étais mariée et maman d'une petite fille de 5 ans. Issue moi-même, d'une famille de trois enfants, qui plus est, de trois filles, je ne concevais pas avoir un enfant unique. C'est alors que, avec son papa, nous décidons d'agrandir notre famille, d'un petit frère, ou une petite soeur pour Virginie...

Quelques mois après, me voilà enceinte, une grossesse sans trop de problème, à l'époque une seule échographie était obligatoire. Impossible à cette imagerie, de nous dévoiler le sexe de ce foetus qui gigotait dans tous les sens, les cuisses bien serrées...

Le jour de la naissance arriva, à ma grande surprise ce fut un garçon. Je pleurais de joie, et , parce que cet enfant c'était fait attendre un peu plus, que sa soeur, et, évidement parce que, tout simplement, j'étais comblée!!! Une fille, un garçon, j'étais la plus heureuse des femmes de la terre. Des multitudes de raisons, j'avais de l'être... Mais la dernière de celles-ci était un joli pied de nez à maman, qui elle espérait un garçon, au final, n'a eu que trois filles, étant la dernière, j'en avais payé un lourd tribu....

Pas de problème majeur dans son développement de bébé, puis de jeune enfant.
Malgré une scolarité brillante, vers l'âge de sept ou huit ans, Gilles à commencer à se marginaliser, face à des problèmes relationnels avec ses camarades masculins, se trouvant plus d'affinités avec ses camarades féminines, il m'expliquait, que les garçons se moquaient de lui à l'école...
Comme tous enfants qui se taquinent, je n'ai pas vu là d'inquiétude particulière à avoir. Puis arrive le Noël de ses huit ans, ou je lui demande de faire sa lettre...(bien qu'il n'y croyait déjà plus...au père Noël...) en vue de lui acheter ses cadeaux... Là, il me demande de lui acheter toute la panoplie de la famille « Doucoeur » l'équivalant à l'époque, de Barbie et Ken, dont sa soeur était raide dingue, sa chambre en était envahie...

Je lui explique par tous les moyens que ce sont des jeux pour les filles, mais rien n'y fait... Je tiens bon, et je lui achète un beau train électrique... Auquel il n'a jamais touché du reste...
Un véritable casse coup en parallèle, j'avais une pharmacie ambulante à chacun de nos déplacements, ou vacances; il n'en ratait pas une....

Puis arrive, l'âge de la pré-adolescence, là toujours accompagné de copines, j'aimais bien le taquiner en lui demandant, avec laquelle de ces belles jeunes filles, il sortait... Gilles se mettait dans tous ses états en me disant, que pour lui ce n'était que des copines rien de plus. Je pensais que par pudeur et par respect, il ne voulait pas dévoiler ses éventuels flirts... je ne me suis pas trop posée de questions... Puis arrive le divorce avec son papa...

On découvre à son arrivée de colo, par des fortes hémorragies +++ dans les urines, qu'il est victime d'une sorte de leucémie,(la maladie de Berger) là débute le calvaire... Trois années d'hospitalisations successives, le combat entre la vie et la mort... Des journées et des nuits entières à attendre les résultats d'analyses de prélèvements de biopsies, fribroscopies scaners... Deux professeurs en pédiatrie, un néphrologue, le chir chargé de la biopsie rénale, viennent m'annoncer que mon fils, est atteint partout, coeur, foie, poumons... Qu'ils ne savent pas quelle évolution cette maladie va prendre, mais que compte tenu de ses rechutes fréquentes, ils ne me laisser que très peu d'espoir...

Entre deux rechutes, alors que j'étais au travail, on m'annonce que Gilles vient de faire sa première tentative de suicide...

J'ai fait tout ce qui est humainement possible de faire, afin que sa santé s'améliore ainsi que son moral, car les deux vont de pair. Devant cette situation, j'étais impuissante, je me suis dirigée vers toutes les médecines, la traditionnelle, ne pouvant plus rien pour lui... j'ai utilisé toutes les médecines parallèles, donc celle d'un Monsieur Marocain qui avait un pouvoir, de guerir, qu'il utilisait uniquement pour sa famille, et qui avait un fils ami, avec un de mes amis. Ce vieux Monsieur Marocain, lui avait sauvé la vie, en guérissant Thierry d'un cancer aux testicules... J'y croyais sans trop y croire.... Quand il a accepter de s'occuper de Gilles qui était de toute façon condamné, immédiatement nous nous sommes rendus chez lui....

Plus le temps passait, plus l'état de mon fils s'améliorait, arrivés au bilan rénal du service de néphrologie et dyalises de la Timone à Marseille, le professeur était agréablement surpris en me disant, « si j'avais de tels résultats pour tous mes petits, ici, je serais le plus heureux des hommes. »

La rémission était bien là, mais le moral toujours au plus bas, Gilles avait perdu tout instinct de survie, il se laisser aller, toujours triste et malheureux, il réussit quand même son BEPC haut la main, mais décide d'aller dans le privé... il ne souhaite pas faire une seconde classique...

Là je décide de prendre les choses en main, de le secouer, sans résultat, il refuse de voir un psy, sans son consentement, je ne peux lui faire suivre une thérapie. Je me retrouve une fois encore devant un véritable dilemme... Impuissante, n'ayant pour seule arme la parole... Essayant bon gré, mal gré de lui faire dire, ce mal qui le ronge... Ce qu'il se passe dans sa tête, le pourquoi de cet état de déprime qui n'en fini pas... pourquoi le matin, je trouve sur son chevet des quantités phénoménales de kleenex usagés pour essuyer ses larmes.

Gilles me dit qu'il pleure beaucoup, qu'il se sent très mal psychologiquement, que ni sa maladie, ni le divorce, sont les causes de ce mal être... A maintes reprises je lui propose de se faire aider, car je commence à fatiguer, moi aussi... Le travail, la maison, sa soeur au lycée... Tout à gérer et seule, je m'épuise, mais j'avance... je le rassure, il sait qu'il peut tout me confier.... Mais il reste dans un mutisme qui me paralyse, je ne sais plus quoi faire. Gilles ne voyait plus le jour, il restait terré, autiste à la vie, sans se lever, affronter la vie, ne faisant aucune démarche, à la maison toute la journée, sans rien faire, que dormir. Dormir pour oublier qu'il existait... Pour se faire oublier, jusqu'à en mourir...

Après de multiples efforts, des conflits perpétuels, un jour j'ai fait une crise de nerfs, je l'ai attrapé par le colbac, et je lui ai dit.... " Tu as deux solutions, vivre et te battre, te laisser aller et mourir... Tu choisis laquelle...??? Je t'aide, toi, tu ne m'aides pas, fais le pour toi, mais aussi pour moi...... je ne peux te laisser t'éteindre sans pouvoir rien faire, ou bien tu réagis, ou bien tu pars de la maison.... "Je ne supportais plus le voir se détruire...
Après qulques moi d'errances....
Mon fils décide de travailler pendant les vacances scolaires dans une pizzeria est là, il se lie d'amitié avec les patrons Anelyse et Diégo. Anelyse devient sa confidente... Gilles est encore à la maison et commence à se sentir un peu mieux. Il reprend un peu du poil de la bête et se fait des amis garçons avec qui il va en boite etc...

J'ai toujours souhaité connaître les fréquentations de mes enfants, pour savoir dans quels milieux, ils évoluaient et intervenir fermement si cela était nécessaire... Impossible avec Gilles.... !!! Tous ses copains ne rentraient jamais à la maison... Là j'ai cherché la faille, j'ai fouillé sa chambre, chose que je m'étais toujours refusée de faire, voulant préserver son intimité.....

Puis je découvre des cartes de « sida infos services » des préservatifs etc... je comprends que mon fils est homosexuel...

Je me fous du quand dira -ton, je passe outre, la connerie humaine qui va me juger, c'est mon fils je l'aime, tel qu'il est. Il est attachant, gentil et surtout malheureux, j'ai failli le perdre, alors qu'il soit homosexuel et en bonne santé, c'est tout ce que je demande... mais en tant que parents, on pense toujours que cela ne peut arriver qu'aux autres... inconsciemment.... et bien là, c'est chez moi que ça arrive... je n'en suis pas fière, je n'en ai pas honte, pour ceux qui sont homophobes la porte est ouverte, dehors ... !!! j'ai un poids de moins à porter, parce qu'aujourd'hui, enfin je sais....

Je décide de lui écrire une lettre, ou je lui avoue avoir découvert son homosexualité en fouillant sa chambre... je lui précise quand aucun cas je le rejetterais, que je comprenais, qu'il était avant tout mon enfant quoi qu'il arrive, que je l'aimais très très fort... je signe ma lettre, Gilles arrive à ce moment là... J'ai pu constater en live sa réaction, ou des jets de larmes ont jaillit de ses beaux yeux, me serrant très fort dans ses bras, moi effondrée de chagrin et de joie... Cette joie de voir mon fils heureux et apaisé, apaisé de ne plus devoir me mentir, se cacher...

J'en ai pleuré une bonne semaine, car je pense que l'amour que nous portons à nos enfants, nous met des oeillères involontairement, on occulte la réalité, parce qu'il est légitime de vouloir tout ce qu'il y a de mieux pour eux. On sait que l'on est dans une société, où, dès que l'on est hors normes, on s'en prend plein la gueule... C'était de ce dont j'avais peur pour lui... Puis pour ses fréquentations, dans le milieu homo, comme hétéro, c'est idem, il y a vraiment de tout... Puis je pensais à ses études etc... Je ne voulais pas qu'il décroche...

Chagrinée, mais soulagée, toujours en gardant un oeil (même les deux) sur lui, je l'ai laisser assumer ses études et son travail, qu'il a su gérer de front, avec enthousiasme et volonté... Puis il décide qu'il doit prendre un appart, voler de ses propres ailes avec le soutien moral et financier de maman, il s'installe seul dans un petit appart... il a 19 ans, il est sur place pour ses études et son boulot, je ne vois aucune objection, puis, quand bien même, déterminé comme sa mère, rien ni personne ne lui aurait fait changer d'avis...

Encore une bonne semaine de chaudes larmes devant sa chambre vide, mon travail m'accaparant beaucoup, je me fais à cette idée. Je suis plus sereine... Tous ses amis me connaissent, de temps en temps je vais aux renseignements car il commence à prendre des distances, vis à vis de moi...

Tout va bien pour lui, je pense pouvoir souffler un peu... Non ... ! utopie ! Gilles me dit qu'il souhaite arrêter ses études pour travailler à plein temps, changer de patrons.... Je m'y oppose fortement... je comprends sa fatigue, je lui propose de l'aider financièrement un peu plus, mais surtout qu'il ne laîche pas ses études... Là rebelote, on prend les mêmes et on recommence...

Il fait ce qu'il a décidé de faire, arrête les études, change de job, gère son argent, je ne le voit presque plus, il s'écarte du noyau familial, il fréquente le milieu gay, il a la chance d'avoir pour amis un couple d'homos qui le prennent sous leurs ailes... Gilles fréquente ce couple propriétaire d'une boite gay, Laurent et Bernard à qui je dois dire merci. Ces deux derniers le surveillent du coin de l'oeil un ami Pierre du SRPJ est là aussi pour veiller sur lui, car il lui arrivait d'aller dans cette boite pour le job...

Je suis informée par Olivier, son coiffeur et le mien, pour le coup........., Anelyse, Laurent et Bernard de ses faits et gestes. Je suis malheureuse de la situation, mais encore une fois impuissante face aux tentatives de suicides précédentes, je décide de ne pas intervenir, excepté en cas de force majeure.......

Puis Gilles commence à m'écrire tous les jours des lettres poignantes, ou il m'explique, qu'il n'est pas heureux, que le milieu homo, n'est pas son idéal, mais que seuls les homos peuvent comprendre son problème, et que c'était pour cette raison que je ne le voyais plus.. Qu'il ne fallait pas lui en vouloir, mais qu'il avait commencé un traitement d'hormones, car il était comme moi ,hétéro...

Il m'explique, alors par courrier que toute sa vie durant il avait ce problème de genre qu'il ne supportait plus... Que ce n'était pas une simple envie de devenir femme, mais vital pour lui....
Qu'il n'avait plus aucune raison de vivre, si il n'arrivait pas à redevenir ce que la nature lui avait volé, à savoir,
redevenir une femme...

Il me dit que la transformation va être très difficile pour moi, qu'il veut m'en protéger, qu'il vaut mieux qu'il se tienne à l'écart de toute la famille, y compris de moi, parce qu'il ne souhaitait pas me voir souffrir... Il s'engage à prendre des photos, me les adresser le temps de cette évolution.....
Je lui demande de ne pas faire n'importe quoi, de ne pas ingurgiter n'importe quelle saloperie vendue sur le net... Il me fait la promesse d'agir avec le protocole obligatoire et légal quant à sa transformation... Il me prépare par ses écrits et son amour pour moi à l'idée qu'il va falloir que je fasse le deuil de Gilles... Il m'annonce avec diplomatie et tact, accompagné de quelques photos récentes que dors et déjà, je devrais m'habituer à l'appeler Stella...

En lisant ces lignes poignantes qui témoignent de toutes ses souffrances actuelles et passées, je me demande à un moment, si je ne suis pas entrain de faire le pire des cauchemar, je ne mange plus, ne dors plus, je pleure tout en m'assoupissant, me réveille en sursaut, je me dis que je rêve, que la vie est injuste que ce n'est pas possible.... je reprends toutes ces lettres ou Stella me demande de ne pas être témoin de sa transformation... j'avais un fils, je vais avoir une fille, je suis paumée... je ne sais plus vers qui me tourner... j'en parle à mes meilleurs amis, qui me laissent perplexe devant leurs réactions, parce que je sais que d'un côté par estime pour moi, j'ai un certain réconfort, mais les idées divergent sur cette véritable situation peu commune dans mon entourage. Je me sens complètement larguée, épuisée de toutes ces années de combats, d'une part pour sa maladie et maintenant, pour son changement de genre... J'ai besoin de comprendre, j'en parle à mon médecin, à mon kiné, toutes personnes qui sont tenues au secret professionnel, dans mon milieu pro aussi et surtout et avant tout, je prends rendez-vous chez un psy. J'ai besoin d'aide, j'ai besoin de savoir, je culpabilise à fond, je m'interroge... Je cherche des réponses que je ne trouve pas... je suis devant le fait accompli... Je m'écroule et je me relève... C'est mon enfant !!!!

Le protocole pour être reconnu par le milieu médical afin d'envisager une intervention se compose comme suit : Environ quatre ans voire plus de traitement hormonal et psychiatrique, suivit par des spécialistes de la transexualité... Après cela des tests psychologiques rigoureux en deux ou trois étapes pour avoir l'approbation d'un expert , qui lui, et lui seul décidera si le changement de genre à lieu d'être ou pas...

Des centaines de fois Stella c'est découragée, des centaines de fois je l'ai encouragée, je lui disais que arrivée au terme de cette échéance, de ses souffrances, elle n'avait pas le droit d'abandonner...

Plusieurs fois, elle était prise de colères immenses envers elle-même, envers moi... Des excès de colères et de violence du à son état, aux hormones à l'incertitude des résultats. Elle se décourageait de devoir faire face à l'administration et à tous ces problèmes liés à son genre masculin qui s'éteignait et sa féminité qui s'affirmait...
Présentant une carte d'identité du prénom de Gilles du sexe masculin, elle devait se justifier quant à son changement de genre, pas facile.... Il faut en vouloir, il faut du cran, il faut ouvrir toutes ces portes qui se referment, pour tout et n'importe quoi, c'est usant, c'est humiliant de devoir raconter ce qu'il y a de plus intime à des étrangers, pour faire valoir ses droits... Reprendre ses études, trouver du boulot...
J' étais là, je la secouais, en lui disant qu'il fallait qu'elle en passe par là, qu'il fallait qu'elle assure à 300%, qu'elle n'était pas une délinquante, mais une personne parmi tant d'autres qui voulait se faire une place dans la société... Je lui disais « Stella, c'est grâce à toi et aux autres qui souffrent de ce mal, et qui se battent tous les jours, que les choses peuvent avancer, ce n'est pas les trans-genre, qui fond de leur vie un monde parallèle, de strass et de paillettes, un monde de la nuit qui sont montrées du doigt par leur comportement et leur façon de vivre... NON, se sont des personnes comme toi et comme vous, celles qui ont l'envie de mener une vie casi-normale... Accroche toi ...!!! »

Puis elle y est arrivée, l'opération à été prise en charge, donc son genre est acquis... mais il ne faut pas penser que c'est aussi simple. Elle a un traitement à vie, une rééducation vaginale à vie aussi... Elle doit subir une seconde intervention cet hiver pour être un peu plus à l'approche de la réalité d'un appareil génital féminin... Malgré tout elle souffre de ne pas pouvoir donner la vie, car son cerveau fonctionne depuis toujours comme une femme...
Alors aujourd'hui, qu'on ne vienne pas me dire que c'est un choix, que c'est une fantaisie, un caprice! C'est une véritable pathologie de naissance, qui même après être arrivée à son terme, vous laisse néanmoins des séquelles qui vous ramènent à ce que la nature vous à volé... Car malgré tous les efforts médicaux, chirurgicaux, c'est un combat qui demeure à vie, pour toujours... C'est un combat gagné, mais un combat qu'on doit gérer sans cesse qui nous rappelle que c'est la nature qui n'a pas fait les choses, comme elle aurait du les faire...

Qu'on ne vienne jamais me dire, comme tel à été le cas : « On est trans-genre, du à des fréquentations... «
« Ta fille est trans, mais je ne te juge pas... »

Qu'aurez vous fait à ma place....?????????????

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Voilà ce qu'a été mon parcours avec ma fille, j'ai essayé de faire court mais impossible, il y a tant de choses qui se sont passées et je ne peux pas expliquer tous les détails...

C'est pourquoi je viens ici et maintenant te remercier d'en parler, il n'y a que de cette façon que cela entrera dans les mentalités, du moins je l'espère.. Je te souhaite beaucoup de courage, même si je sais que tu n'en manques pas ! Sache que tu as tout mon soutien et si tu as des questions n'hésite pas. Tu peux faire ton article tu as mon approbation la plus absolue.

Ne baisse jamais les bras! Bon courage!!
Je t'embrasse bien fort!

Stéphanie
Photo de Stella
*** Mon témoignage pour toi Armand ***
Mille merci et Stéphanie et a Armand pour m'avoir permis de mettre ce témoignage sur le sites

Clic blog Stephanie30000 de Stéphanie
Clic là blog Trans-Genre d'Armand

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