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II. Diagnostic

En France, avant toute intervention chirurgicale ou même toute prescription d'hormones, on impose un protocole d'évaluation d'une durée de 2 ans minimum avec une équipe pluridisciplinaire composée d'un psychiatre, un endocrinologue, et un chirurgien.

Le but premier du protocole est de déterminer si le patient est réellement "atteint" de transsexualisme. C'est donc une démarche diagnostique; qui comprend un suivi psychologique, psychiatrique, et médicale. Pendant cette période, on est également informé de toutes les conséquences qui suivront les quelconques décisions qui seront prises. C'est seulement à la suite de ces observations sur 2 ans que les interventions pourront commencer, si et seulement si le diagnostique du Saint-Père médecin révèle qu'il s'agit bien de transsexualisme.

Les bilans psychologique et psychiatrique permettent de repérer ou confirmer la présence de maladie mentale ou de fixations d'ordre sexuel. Ils permettent également de déterminer les caractéristiques de la dysphorie de genre. L'intéressé passe plusieurs tests avec un psychologue et est parallèlement suivi par un psychiatre.

Toute prise d'hormone masculinisante ou féminisante est interrompue pendant la période d'évaluation puisque ces dernières n'influent pas seulement sur le physique, mais également sur le mental. En clair, on se moque de savoir si vous avez bien avancé dans votre transition. C'est le diagnostique du médecin qui sait mieux que vous-même si vous êtes vraiment trans.

L'équipe médicale fait aussi un bilan endocrinien (hormonal) du patient et détermine après observation s'il sera possible de pratiquer une intervention chirurgicale ou pas (En cas d'obésité très marquée par exemple).

Toutes conditions morphologiques ou psychologique mises à part, une procédure de transformation n'est pas envisageable pour des personnes mariées ou parents de mineurs. Et passé un certain âge, vous avez moins droit au bonheur. La THC (Transformation Hormono-Chirurgicale) n'est pas automatique. Même s'il n'existe pas de loi régissant le changement de sexe, le Conseil de l'Ordre des Médecins, la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM) et des spécialistes autoproclamés du transsexualisme se sont mis d'accord sur le fait qu'il faille obligatoirement suivre les deux années d'observation.

Nous conviendrons que pour une personne qui sait bien ce qu'elle est, deux ans d'observation, c'est interminable. Il est difficile d'attendre deux ans qu'un médecin veuille bien authentifier ce qu'on sait être vrai depuis toujours. Et pire, attendre deux ans minimum (sans maximum) et se voir ensuite refuser l'accès aux soins. Connaissez-vous un meilleur motif de suicide? Les équipes protocolaires ont-elles du sang sur les mains?

III. Combien ça coûte?

A partir du moment où le bilan de l'équipe pluridisciplinaire s'avère en faveur de la personne trans (oh merci, cher médecin), il est remis au futur opéré un papier engageant la CNAM à prendre en charge à 100% les frais des différentes opérations et des traitements hormonaux à suivre à vie.

Attention, toutefois, la prise en charge n'inclue pas les opérations purement esthétiques. Pour une augmentation du volume des hanches par exemple, ou si l'on souhaite faire adoucir ses traits pour avoir un air moins masculin, la Sécu ne rembourse pas. Ces opérations sont considérées de la même façon que les demandes des femmes génétiques insatisfaites. En réalité, la CNAM prend en charge (à tort) le transsexualisme comme un trouble grave de la personnalité.

IV. Pourquoi est-ce si long?

Les praticiens se fondent sur l'article 41 du Code de Déontologie de l'Ordre des Médecins pour justifier un délai aussi long avant la décision d'acceptation ou non de la prise en charge de la personne trans. Il est vrai que dans les cas où il ne s'agit pas de transsexualisme, mais plutôt de fantasmes ou maladie mentale, il serait grave d'opérer. Seulement, 2 à 15 ans ne sont pas spécialement nécessaire à l'évaluation d'un schizophrène ou autre. Un psy compétent saura détecter dans son patient tout trouble gênant en 3 ou 4 rendez-vous.

Une autre raison soulignée par le CNAM pourrait être le prix des opérations et des traitements. Puisqu'elle prend tout en charge à 100% elle ne voudrait pas avoir à débourser en cas d'erreur de jugement ou de diagnostic une certaine somme qu'elle aurait pu dépenser ailleurs.

 

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